En bref
Le contrat de TVA est le texte que l'on accepte en enregistrant un numéro d'immatriculation fiscale dans Seller Central. Il sépare les territoires en deux groupes : dans le premier, la transmission du numéro est exigée dès que la loi locale impose l'immatriculation ; dans le second, elle est simplement acceptée. En validant, le vendeur certifie que le numéro appartient à l'entreprise qui vend sur Amazon et que toutes les opérations du compte sont des transactions commerciales de cette entreprise. Amazon peut ensuite contrôler ces données et refacturer une taxe qui n'aurait pas été appliquée.
Ce que dit la règle
Deux listes de pays, deux régimes
La politique répartit les territoires en deux ensembles.
Le premier réunit les 27 États membres de l'Union européenne, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni. Pour ces pays, un vendeur tenu de s'immatriculer à la TVA — ou qui l'a fait volontairement — doit remettre à Amazon le numéro délivré par l'administration fiscale locale. Le texte ajoute une conséquence directe : là où la loi impose l'immatriculation, la remise de ces numéros conditionne l'accès aux services prévus par le contrat Business Solutions.
Le second ensemble énumère des pays dont Amazon accepte l'identifiant sans l'exiger : Albanie, Arménie, Australie, Bahamas, Bahreïn, Biélorussie, Îles Canaries, Colombie, Islande, Inde, Liechtenstein, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Québec, Russie, Arabie saoudite, Serbie, Singapour, Afrique du Sud, Corée du Sud, Taïwan, Turquie et Émirats arabes unis. L'identifiant attendu varie : numéro de TVA le plus souvent, mais aussi ABN australien, identifiant de taxe sur les produits et services pour l'Inde, la Nouvelle-Zélande et Singapour, numéro TVQ québécois, registre national russe, immatriculation d'entreprise sud-coréenne, UBN taïwanais ou numéro Vergi Kimlik turc (VKN).
Ces données servent à Amazon pour déterminer le traitement fiscal — TVA ou taxe sur les produits et services selon les cas — de ses frais de vente, des ventes réalisées et, s'il y en a, des autres services rendus au vendeur.
Ce que l'on accepte en soumettant le numéro
Amazon demande une lecture attentive avant validation, car la soumission vaut acceptation de toutes les conditions. Elles tiennent en six engagements.
- Le numéro communiqué appartient à l'entreprise dirigée par le vendeur, celle avec laquelle il vend sur Amazon.
- Toutes les opérations passées sur le compte vendeur sont des transactions commerciales de cette même entreprise.
- Les informations fournies, numéro compris, sont exactes, complètes et à jour, et toute modification doit être répercutée immédiatement.
- La collecte, le traitement et la conservation de ces données suivent le contrat Business Solutions d'Amazon EU ainsi que la politique de protection des données personnelles.
- Amazon peut réclamer des pièces complémentaires et faire confirmer les informations du compte, numéro fiscal inclus, auprès du vendeur ou d'autorités publiques ; le vendeur s'engage à répondre.
- Amazon peut facturer après coup une taxe applicable restée hors facturation, selon les termes du contrat Business Solutions et de la politique de confidentialité.
Trois déclarations réservées à certains résidents
Trois mentions ne visent qu'un pays chacune. Le vendeur résidant en Australie qui renseigne son ABN se déclare redevable de la taxe sur les produits et services. Celui qui réside à Taïwan et renseigne son UBN se déclare redevable de la TVA. Celui qui réside au Québec et renseigne son numéro TVQ atteste d'une inscription à la TVA remontant au 1er janvier 2019 au plus tard.
À qui elle s'applique
Le contrat vise tout vendeur qui enregistre un numéro d'immatriculation fiscale dans son compte, quel que soit son mode d'expédition. Le déclencheur n'est pas le pays du compte mais celui de l'immatriculation : c'est l'obligation locale qui décide si la communication est due ou seulement admise. La source ne limite pas la règle à un site de vente donné, et les trois mentions particulières ne concernent que les résidents d'Australie, de Taïwan et du Québec.
Ce qui se passe en cas de manquement
La politique ne dresse aucune liste de sanctions et ne parle ni de suspension ni de fermeture de compte. Elle pose deux leviers. Le premier est financier : Amazon se réserve la possibilité de facturer une taxe applicable qui ne l'a pas été. Le second porte sur le service : pour les pays du premier groupe, remettre les numéros exigés par la loi est présenté comme une condition d'accès et d'utilisation des services. S'y ajoute le devoir de répondre aux demandes de justificatifs.
Ce que nous constatons en dossier : un numéro périmé, rattaché à une ancienne société ou saisi avec une erreur de format, déclenche le plus souvent une vérification interne, parfois plusieurs mois après la saisie. Les vendeurs concernés découvrent le sujet par une demande de pièces, rarement par une notification de conformité. Quand le numéro ne correspond plus à l'entité qui vend réellement, le dossier glisse vers une question d'identité de compte plutôt que de fiscalité.
Les pièges
- Le changement de structure oublié : après une cession ou un changement de forme juridique, le numéro déclaré reste celui de l'ancienne entité alors que le contrat exige une mise à jour immédiate — un classique détaillé dans notre guide des erreurs lors d'un changement de structure juridique.
- Le numéro emprunté : reprendre celui d'un cabinet comptable, d'une maison mère ou d'un partenaire logistique contredit l'engagement selon lequel l'identifiant appartient à l'entreprise qui vend.
- Les ventes à titre personnel : le contrat qualifie toutes les opérations du compte de transactions commerciales de l'entreprise déclarée ; écouler des biens privés sur ce compte est incompatible avec cette déclaration.
- Le pays du second groupe traité à la légère : la transmission y est facultative, mais une fois le numéro fourni, il engage comme les autres, avec les mêmes exigences d'exactitude et de mise à jour.
- La mention québécoise cochée trop vite : attester d'une inscription à la TVA au plus tard le 1er janvier 2019 n'a rien d'anodin lorsque l'inscription est postérieure.
Comment rester conforme
- Vérifier que chaque numéro enregistré est celui de l'entité qui exploite le compte, jamais celui d'une société voisine.
- Recenser les pays d'immatriculation et distinguer ceux du premier groupe, où la transmission est due, de ceux du second.
- Corriger le compte dès qu'un numéro change, est radié ou remplacé, sans attendre une relance d'Amazon.
- Garder les attestations d'immatriculation à jour pour répondre vite à une demande de justificatifs.
- Contrôler, avant toute mention propre à l'Australie, à Taïwan ou au Québec, que la situation décrite correspond aux faits.
- Relire le contrat Business Solutions et la politique de protection des données avant de soumettre un numéro, puisque la validation vaut acceptation.
FAQ
Faut-il obligatoirement transmettre son numéro de TVA à Amazon ?
Tout dépend du pays d'immatriculation. Pour les 27 États membres de l'Union européenne, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni, la transmission est due dès lors que la loi impose l'immatriculation. Pour les autres pays acceptés, elle reste facultative.
Que se passe-t-il si le numéro fourni est erroné ou périmé ?
Le contrat impose des informations exactes, complètes et tenues à jour. Amazon peut en vérifier la validité auprès du vendeur ou des autorités fiscales, et facturer une taxe applicable restée hors facturation. Le texte ne prévoit pas d'autre sanction expresse.
Peut-on utiliser le numéro de TVA d'une autre société du groupe ?
Non. En soumettant un identifiant, le vendeur déclare qu'il appartient à l'entreprise qu'il dirige et avec laquelle il vend sur Amazon. Un numéro emprunté contredit cet engagement.
Amazon peut-il contrôler le numéro auprès de l'administration fiscale ?
Oui. Le contrat prévoit expressément la faculté de demander des éléments complémentaires et de faire confirmer les informations du compte auprès du vendeur ou d'autorités publiques, dans le respect de la loi.
À quoi Amazon utilise-t-il ce numéro ?
Il sert à déterminer le traitement fiscal des frais de vente, des ventes réalisées et, le cas échéant, des autres services rendus au vendeur. Selon les pays, la taxe visée est la TVA ou la taxe sur les produits et services.
Pour aller plus loin
- Le pendant opérationnel de cette déclaration : les services de TVA proposés par Amazon.
- Le calcul appliqué à chaque vente : la méthodologie de calcul de la TVA dans l'Union européenne et la fiscalité des ventes internationales.
- Les données que la plateforme transmet aux administrations : le guide DAC7 pour les vendeurs Amazon.
- Le cadre général des obligations d'un compte : le guide de conformité Amazon 2026 et le dossier conformité Amazon.
- Pour faire auditer les déclarations d'un compte : notre accompagnement conformité.
Cette fiche explique la politique Amazon « Contrat de TVA » telle que nous l'avons lue le 3 septembre 2026 (version 10.0). Elle ne reproduit pas le texte d'Amazon et ne constitue pas un conseil juridique. Le texte officiel fait foi.